#Démocratisation de l’Union Européenne, le manifeste pour une union politique de l’euro

Notre seconde proposition, la plus importante, découle de la première. Pour voter l’assiette de l’impôt sur les sociétés, et plus généralement pour débattre et adopter démocratiquement et souverainement les décisions fiscales, financières et politiques que l’on décidera à l’avenir de mettre en commun, il faut instituer une Chambre parlementaire de la zone euro. […] Dans ce schéma, l’Union européenne comporterait deux Chambres : le Parlement européen actuel, élu directement par les citoyens des 28 pays, et la Chambre européenne, représentant les Etats au travers de leurs Parlements nationaux.

Manifeste pour une union politique de l'euro

En 2014, Thomas Piketty et quelques autres lançaient le Manifeste pour une union politique de l’euro. Si le site a disparu, l’idée reste dans l’air. Et dans des limbes ?

#Démocratisation de l’Union Européenne, le mouvement DIEm 25

Il faut un autre cap. Et il y en a un.

C’est celui auquel l’ « Europe » officielle résiste des quatre fers, de toutes les forces de sa mentalité et de ses pratiques de cartel. C’est l’antidote à l’autoritarisme qui ronge l’Union européenne et ses institutions :

l’irruption de la démocratie.

Notre mouvement, DiEM25, veut appeler à cette irruption. La démocratisation de l’Union européenne doit commencer immédiatement, car sans démarrage rapide il sera peut-être impossible de surmonter la résistance institutionnalisée à temps, avant que l’Europe ait franchi le point de non-retour.

Notre objectif, démocratiser l’Europe, est réaliste. Il n’est pas plus utopique de la démocratiser qu’il ne l’était au tout début de la construire. En fait, il est moins utopique de la démocratiser que de tenter de maintenir en vie l’actuelle Union européenne antidémocratique qui se fragmente.

DIEM25

Initié par Yanis Varoufakis, le mouvement DIEm 25 s’est donné dix ans pour démocratiser l’Europe en commençant par la transparence complète de la prise de décision, puis par une offensive contre la crise économique en cours, en utilisant les institutions existantes et dans le cadre des traités européens existants et enfin une assemblée constituante.

Point d’étape #06 : tableau de bord des émergences politiques

En ces temps de départ (en particulier au Royaume-Uni, et avant les vacances), le paysage politique français poursuit sa longue métamorphose : la primaire à gauche sera donc effectuée à minima par le PS et ses proches alliés et seul le collectif « La Primaire » semble désormais en mesure d’initier une consultation nationale fort de ses quasiment 200 candidat(e)s validé(e)s et de ses plus de 50000 votants; Emmanuel Macron n’a toujours pas publié de propositions sur son site En Marche mais affiche de jolis portraits de ses supporters; Ma Voix subit le contre-flux post-électoral à Strasbourg et La Transition s’essoufle… Rendez-vous à la rentrée (probablement fin août) pour voir qui aura mis à profit l’été pour avancer ses pions.

Nom du mouvement # de followers # d’actualités # d’évènements Part de visibilité # de signatures récoltés
Nous Citoyens 12200 13 10 30 %
Nouvelle Donne 22000 5 11 29 %
Parti Pirate 32400 2 1 9 %
En Marche 22000 9 0 9 %
Objectif France 2382 3 1 4 %
La Primaire 5026 2 1 4 % 52885 votants
Génération Citoyens 812 3 1 4 %
Sénat Citoyen 188 2 1 3 %
Bleu Blanc Zèbre 12200 0 0 2 %
Le Mouvement Commun 2281 3 0 2 %
Ma Voix 1984 2 0 1 %
La Transition 5426 0 0 1 %
Société Civile 2017 291 1 0 1 %
Super Châtaigne 389 2 0 1 %
Parlement & Citoyens 3234 0 0 1 % 23113 membres de la communauté
Voix de Gauche 68 1 0 1 %
Nuit Debout 48200 9 412 839% 104005 signataires

Note sur la méthodologie :

  • pour calculer la part de visibilité de chaque mouvement, j’ai choisi la formule suivante : =ROUND((0,2 * #1/SUM(#1) + 0,3 * #2/SUM(#2) + 0,5 *#3/SUM(#3) * 100) où :
    • #1 = nombre de followers sur Twitter
    • #2 = nombre d’actualités (sur un blog par exemple)
    • #3 = nombre d’évènements publics
  • les coefficients pour chaque facteur amènent un biais volontaire : même à l’heure du numérique, le déplacement physique aux discussions, aux échanges, aux rencontres et in fine aux urnes restera la sanction véritable du succès.
  • les mouvements qui n’atteignent pas (ou plus) les 0% sont retirés de ce classement (ce mois-ci : Printemps Républicain, Notre Primaire, la Primaire de gauche, Mouvement Y, Manifeste du 11 janvier)
  • Nuit Debout a un traitement de « faveur » : il est hors-catégorie.

Pour des solutions open source dans la civic tech : Civitech.lol

Nous pensons que tout outil de participation citoyenne doit être open source. Comment s’assurer qu’un vote en ligne n’est pas truqué ? Comment s’assurer que l’ouverture des données issues d’une concertation est exhaustive ? Que nos données personnelles sont protégées ? A nous d’inventer les check and balances nécessaires de ces nouveaux espaces délibératifs : l’ouverture du code source ouvert est un préalable nécessaire. Code shouldn’t be law until it’s open.

Une initiative Civitech de plus : cette fois, il s’agit d’une plateforme pour vérifier si les outils sont bien Open Source. Avec un compte GitHub bien sûr !

Les 7 familles de la Civic Tech par Armel Le Coz

A l’heure où la mairie de Paris envisage la création d’un CiviHall, d’un espace pour accueillir les différentes formes d’innovations démocratiques, il est nécessaire de mieux comprendre leur diversité. C’est ce à quoi nous a invités le designer Armel Le Coz (@armel_lecoz) dans sa présentation en tentant de dresser une typologie de ces formes d’innovation politique :

  • Les citoyens autonomes : agir d’abord !
  • Les révolutionnaires : expérimenter de nouvelles formes politiques
  • Les formateurs : créer des citoyens critiques ?
  • Les transformateurs : peut-on changer le système de l’intérieur ?
  • La démocratie participative… traditionnelle
  • Les geeks : appliquer la logique des réseaux à la politique
  • Les fédérateurs ?

Au delà des limites de toute tentative de catégorisation, cette liste – et l’article d’Internet Actu – permet de découvrir autant de facettes du renouveau politique en France.

L’expérience 5 étoiles poursuit sa route à Rome et Turin

Ils s’attendaient à décrocher la lune à Rome. Les Cinq Etoiles ont également pris Turin. Le second tour des élections municipales partielles s’est traduit par un raz-de-marée du parti de Beppe Grillo, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S), dans ces deux villes et une déconfiture pour le Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi. «C’est une défaite sans circonstances atténuantes à Rome et Turin», ont reconnu dimanche soir les responsables de la formation du président du Conseil, lequel a préféré ne pas s’exprimer.

Coup de tonnerre en Italie : un « non-parti » empoche deux villes, et pas des moindres puiqu’il s’agit de Turin et Rome. Le M5S poursuit sa lancée, lui qui propose de « mettre à la casse » la vieille classe politique : on verra désormais en 2018 lors des prochaines législatives si l’expérience municipale aura été bénéfique.

A Bologne (Italie), un règlement sur la collaboration entres les citoyens et l’administration pour le soin et la régénération des biens communs urbains

Sono beni comuni quei beni, materiali, immateriali e digitali, che cittadini e amministrazione riconoscono essere funzionali al benessere individuale e collettivo, il cui arricchimento arricchisce tutti e il cui impoverimento impoverisce tutti. Il Comune di Bologna si è recentemente dotato di un regolamento (versione in Inglese) che semplifica e promuove le forme di collaborazione nella gestione dei beni comuni.

beniebologna

Pour gérer ses biens communs, la ville de Bologne en Italie s’est dotée d’un règlement sur la collaboration entres les citoyens et l’administration pour le soin et la régénération des biens communs urbains (disponible aussi en anglais). Accompagné de pactes sur ces fameux biens communs, cette démarche est pour le moins original et – pour l’instant – plutôt avant-gardiste, fruit d’un travail effectué au sein du Laboratory for the Governance of The Commons.

Via S.I.Lex.

L’accélérationnisme est-il un catalyseur pour la démocratie au XXIe siècle ?

En mai 2013, deux doctorants de la London School of Economics (Srnicek Nick et Williams Alex) publient un manifeste qui suscite un débat mondial. Leur but : sortir la gauche de son marasme actuel. Selon eux, tenter de résister à l’accélération de notre temps comme elle le fait ne sert à rien, celle-ci doit au contraire embrasser le mouvement, voire l’accentuer. Pour la première fois, ce manifeste paraît en français, suivi par les nombreux articles – critiques ou enthousiastes – qui ont contribué au débat après sa parution. « Si la gauche politique doit avoir un avenir, c’est dans la mesure où elle saura le mieux embrasser cette tendance accélérationniste refoulée. » #Accelerate. Manifeste pour une politique accélérationniste.

Srnicek Nick et Williams Alex

Laurent de Sutter, professeur de théorie du droit à l’université libre de Bruxelles, évoque la découverte de ce manifeste accélérationniste, sa réception dans le monde des idées et les enjeux qui en découlent dans une émission « La grande table » sur France Culture.

La fin de l’union des gauches : l’enseignement principale du dernier congrès d’EELV

En définitive, le dernier congrès d’EELV marque bien la fin d’une époque, celle de l’union des gauches inaugurée en 1981 et confirmée pour les Verts par la participation au gouvernement dans le cadre de la Gauche plurielle en 1997. Le choix – risqué – des Verts consiste à faire le pari d’un effondrement de la social-démocratie, devenue (selon eux) sociale libérale, c’est-à-dire indistincte de la droite, au profit d’une autre gauche clairement opposée au libéralisme.

Après le constat d’Emmanuel Todd (Déjà, si ça pouvait conduire à un engagement simple, chez les jeunes : « Plus jamais nous ne voterons PS ! » Je me porte beaucoup mieux, c’est une libération spirituelle, depuis que j’ai fait ce serment pour moi-même.), c’est au tour d’EELV d’entériner « officiellement » la rupture avec le PS. Il faut croire que l’échec de Sandrine Rousseau aux régionales 2015 dans le Nord – Pas de Calais – Picardie n’a pas entamé ses convictions, ni celui de son parti.