#Démocratisation de l’Union Européenne, l’avis de Jean-Louis Bourlanges

On est en face d’une espèce de trou noir, de chose incompréhensible : on a fait l’union monétaire, on n’a pas fait l’union économique; on a dit qu’on faisait de la politique étrangère, il n’y a rien qui permet d’en faire; on a détruit un système institutionnel démocratique – tel qu’il était sorti de Maastricht – pour le remplacer par une merdouille infâme – celle que l’on observe actuellement avec confusion des responsabilités à tous les niveaux, dilution de la Commission, dualité entre le président de la Commission, le président du Conseil Européen, submersion de la Commission par le Conseil Européen des chefs d’état et de gouvernement, réunion tous les mois de sommets de la dernière chance, de chefs d’état qui débarquent sans rien étudier. Désormais ces chefs d’état débarquent : ils ont 20 pages avec des petits crochets et la réunion vise à enlever 3 crochets. Et ensuite ils se réunissent deux heures […], sortent en faisant une conférence de presse en disant « nos intérêts ont été bien défendus » et on recommence un mois plus tard. Et on recommence un mois plus tard. Ce ne sont pas les institutions de Bruxelles, ni des institutions démocratiques : il s’agit du piratage par les chefs d’état et de gouvernement d’un système dont ils ne veulent pas, qu’ils n’aiment pas mais ils n’ont pas le courage de sortir. La voilà la situation de l’Europe. […]

Il faut désormais se poser des questions assez simples. Quel est le territoire européen ? Qu’est-ce que nous avons qui nous distingue des autres ? Comment nous pouvons fonctionner ensemble ? Qu’est-ce que nous voulons exercer ensemble et ne plus exercer séparément ? Et enfin quelles sont les modalités de cette démocratie européenne ? Elle sera nécessairement une demoi-cratie – une démocratie à plusieurs peuples – et donc qui ne peut pas fonctionner comme nos démocraties nationales. […]

Et le vrai problème, c’est de savoir si les Français et les Allemands partagent encore une représentation commune de leur avenir. Et ce n’est pas gagné.

C’est dans un podcast de la Grand Table que j’ai découvert cet avis de Jean-Louis Bourlanges qui tranche tellement avec le brouhaha ambiant sur la pseudo-refondation européenne : revenir aux représentations de chaque côté du Rhin.

En tout cas, François Hollande a perdu hier soir une occasion de papoter « visions du futur » avec la chancelière.

refonder-europe

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