Retour sur la conférence « Changer l’Europe » avec Philippe Lamberts

L’UE elle-même constitue une couche d’opacité entre l’opinion publique et les puissances dominantes.

On a vu émerger une «classe» politique professionnalisée qui truste les mandats électifs et les mandats socio-économiques liés aux postes politiques. Et l’engagement politique est à la fois invasif, corrosif (qu’est-ce qui est bon pour ma carrière?) et addictif (addiction de la présence dans les media notamment).

Il faut donc fixer des limites à la «carrière politique», des règles prises au niveau de la constitution ou des lois ou encore des règles propres aux partis politiques, afin d’encadrer strictement l’activité politique: pas plus de 2 ou 3 mandats successifs, par exemple.

On peut aussi envisager de compléter la «représentation» politique (une chambre d’élus) par une démocratie «participative» (une chambre de citoyens tirés au sort), et par des mécanismes de démocratie directe par des referendums décisionnels sur des choix de société importants.

Philippe-LAMBERTS

Philippe Lamberts – député européen écolo et belge – fait un tour d’horizon des perspectives européennes : un peu d’air pour les franco-français.

De l’herbe au cimetière : une politique écologique

Supprimer les pesticides partout – y compris au cimetière – est un pari gagné par la ville de Courdimanche. Puisque les gravillons facilitent la repousse des « mauvaises herbes », la municipalité de 6 600 habitants a décidé d’investir dans des allées enherbées. « Là où y avait de la terre, on a semé des prairies fleuries et fait en sorte que le cimetière soit moins triste. Depuis l’enherbage, il n’y a plus de plaintes de citoyens mécontents. »

Visiblement les seuls mécontents sont les grands groupes chimiques… Et si c’est beau et qu’en plus, c’est bon pour la planète on ne va pas se priver d’applaudir ces communes qui optent pour des espaces verts « zéro pesticide ».

Quatre voies pour une démocratie sans croissance

Il est possible de parler d’alternatives, parce qu’elles constituent des assemblages cohérents de propositions ayant des prétentions transformatrices à l’égard de l’ordre social, qui se retrouve de fait problématisé. Ces lignes de fuite opèrent un décentrement par rapport aux logiques de croissance. Avec des arguments plus ou moins développés, elles décrivent chacune des possibilités de transformation.

1. L’écologie sociale comme sortie de la rareté et décentralisation radicale
2. L’abondance dans la version transhumaniste
3. Décroissance et reconfigurations localistes
4. L‘écosocialisme et la planification comme instrument démocratique

Le détail des voies pour une démocratie sans croissance se retrouve sur le billet de Yannick Rumpala.