L’expérience 5 étoiles poursuit sa route à Rome et Turin

Ils s’attendaient à décrocher la lune à Rome. Les Cinq Etoiles ont également pris Turin. Le second tour des élections municipales partielles s’est traduit par un raz-de-marée du parti de Beppe Grillo, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S), dans ces deux villes et une déconfiture pour le Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi. «C’est une défaite sans circonstances atténuantes à Rome et Turin», ont reconnu dimanche soir les responsables de la formation du président du Conseil, lequel a préféré ne pas s’exprimer.

Coup de tonnerre en Italie : un « non-parti » empoche deux villes, et pas des moindres puiqu’il s’agit de Turin et Rome. Le M5S poursuit sa lancée, lui qui propose de « mettre à la casse » la vieille classe politique : on verra désormais en 2018 lors des prochaines législatives si l’expérience municipale aura été bénéfique.

En Italie, le M5S invente encore des formes politiques

De temps en temps, Mediapart explore en longueur des mouvements politiques plutôt inconnus en France : cette fois-ci sous le microscope, Mathilde Auvilain explore le Mouvement 5 étoiles, fondé en 2007 par le comique italien Beppe Grillo.

Quelques extraits, d’abord sur la pression liée à une vie politico-médiatique :

Patrizia Bedori, candidate du Mouvement 5 étoiles, a d’ailleurs jeté l’éponge à quelques semaines du scrutin (dont on ne connaît pas encore la date précise). Créditée d’environ 15 % des intentions de vote dans les sondages, très loin derrière le candidat du PD Giuseppe Sala, Patrizia Bedori n’a pas résisté « aux pressions et à l’exposition médiatique », ni aux critiques sur son physique et son CV de femme au foyer. « Je suis une femme au foyer, mais cela ne signifie pas que je n’ai pas d’expérience. Je suis inscrite sur le blog de Beppe Grillo depuis 2006, j’ai mené des batailles environnementales dans mon conseil de quartier à Milan. Mais certes, je ne suis pas une “manager” comme les autres candidats à la mairie », relève-t-elle, amère, dans La Repubblica.

Ensuit sur des règles drastiques imposées aux candidats :

Pour tenter de tenir les troupes et éviter de tomber dans les dérives et les comportements des partis traditionnels aux élus changeant de casaque à mi-mandat, le Mouvement 5 étoiles a introduit un système contesté de sanction pécuniaire en cas de manquement d’un élu à ses engagements. À Rome, les candidats se sont engagés à s’acquitter de 150 000 euros d’amende s’ils devaient enfreindre les règles de base du mouvement. Un système qui existe sous différentes formes dans d’autres pays, et que les activistes du M5S voudraient voir appliqué par toutes les autres formations politiques italiennes, comme une reconnaissance de leur sérieux.

Et toujours en toile de fond, une rigueur d’apothicaire sur les comptes : Ti rendi conto?!?!?!? est là pour en témoigner. A l’heure où les comptes de certains groupes parlementaires font scandales, leur visibilité 5 étoiles donne un peu d’espoir.