L’expérience 5 étoiles poursuit sa route à Rome et Turin

Ils s’attendaient à décrocher la lune à Rome. Les Cinq Etoiles ont également pris Turin. Le second tour des élections municipales partielles s’est traduit par un raz-de-marée du parti de Beppe Grillo, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S), dans ces deux villes et une déconfiture pour le Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi. «C’est une défaite sans circonstances atténuantes à Rome et Turin», ont reconnu dimanche soir les responsables de la formation du président du Conseil, lequel a préféré ne pas s’exprimer.

Coup de tonnerre en Italie : un « non-parti » empoche deux villes, et pas des moindres puiqu’il s’agit de Turin et Rome. Le M5S poursuit sa lancée, lui qui propose de « mettre à la casse » la vieille classe politique : on verra désormais en 2018 lors des prochaines législatives si l’expérience municipale aura été bénéfique.

A Bologne (Italie), un règlement sur la collaboration entres les citoyens et l’administration pour le soin et la régénération des biens communs urbains

Sono beni comuni quei beni, materiali, immateriali e digitali, che cittadini e amministrazione riconoscono essere funzionali al benessere individuale e collettivo, il cui arricchimento arricchisce tutti e il cui impoverimento impoverisce tutti. Il Comune di Bologna si è recentemente dotato di un regolamento (versione in Inglese) che semplifica e promuove le forme di collaborazione nella gestione dei beni comuni.

beniebologna

Pour gérer ses biens communs, la ville de Bologne en Italie s’est dotée d’un règlement sur la collaboration entres les citoyens et l’administration pour le soin et la régénération des biens communs urbains (disponible aussi en anglais). Accompagné de pactes sur ces fameux biens communs, cette démarche est pour le moins original et – pour l’instant – plutôt avant-gardiste, fruit d’un travail effectué au sein du Laboratory for the Governance of The Commons.

Via S.I.Lex.

Quelques retours sur l’expérience citoyenne grenobloise

L’expérience est une forme d’éloge de la volonté. Même ceux qui y sont hostiles le concèdent. Dans la capitale de l’Isère, l’alternance municipale n’a pas été plan-plan. L’arrivée d’une nouvelle équipe – un mélange de militants d’Europe Écologie-Les Verts, du Parti de gauche et de mouvements citoyens – a été remarquée.
Cette forte diversité politique et sociologique – mêlant militants et citoyens venus de divers horizons – s’était rassemblée un peu plus tôt en voulant rompre avec les pratiques des partis institués à droite et à gauche, leur « culture de propriétaires », très tôt dénoncée par Éric Piolle, le nouveau maire.
Elle remet en cause les choix de développement urbain – le tout-voiture, le béton sur fond d’explosion urbaine –, et une gouvernance dominée par la professionnalisation des élus, le cumul des mandats et un certain clientélisme.

Visiblement les outils apportés par la nouvelle municipalité à Grenoble (conseils citoyens indépendants, droit d’interpellation & votation citoyenne et budget participatif) font bouger des lignes démocratiques vers les citoyens.

budget-participatif

France Urbaine : un lobby politique pour 30 millions d’administrés

France urbaine, née de la fusion de l’Association
 des Maires de Grandes Villes de France 
et de l’Association des Communautés Urbaines 
de France, regroupe les élus des métropoles, des grandes communautés et des villes centres ou périphériques. Elle compte, 96 membres de toutes tendances politiques confondues, représentant près de 30 millions d’habitants. France urbaine a pour objectif de promouvoir
 le fait urbain auprès des pouvoirs publics 
et de tous les citoyens.
 Dans un dialogue renouvelé avec l’Etat, l’association participe pleinement à la structuration du monde urbain dans notre pays et à l’attractivité de tout son territoire.

Le mille-feuille territoriale à la France est aussi capable de quelques fusions : celle qui donne naissance à France urbaine pourrait faire tâche d’huile. Nous connaissions par le passé la fameuse Association des Maires de France, il faudra s’habituer à une autre échelle encore : celle des grandes villes qui parlent entre elles.

De l’herbe au cimetière : une politique écologique

Supprimer les pesticides partout – y compris au cimetière – est un pari gagné par la ville de Courdimanche. Puisque les gravillons facilitent la repousse des « mauvaises herbes », la municipalité de 6 600 habitants a décidé d’investir dans des allées enherbées. « Là où y avait de la terre, on a semé des prairies fleuries et fait en sorte que le cimetière soit moins triste. Depuis l’enherbage, il n’y a plus de plaintes de citoyens mécontents. »

Visiblement les seuls mécontents sont les grands groupes chimiques… Et si c’est beau et qu’en plus, c’est bon pour la planète on ne va pas se priver d’applaudir ces communes qui optent pour des espaces verts « zéro pesticide ».

Des projets culturels avant 18h : un pas en avant pour le féminisme

On a bossé avec des femmes qui ne travaillent pas à l’extérieur, ou qui travaillent en décalé ou à temps partiel. L’objectif était de permettre à ces femmes d’avoir une activité culturelle pendant les heures d’école, parce qu’à 18 heures elles sont en train de faire à bouffer et de donner le bain. De plus, on voulait qu’elles entrent dans un lieu culturel réputé masculin et qu’elles montent sur scène avec un groupe de musiciens professionnels. Elles ont ainsi fait la première partie d’un concert au Tamanoir. Ce projet avait plusieurs objectifs et, pour être honnête, pas grand monde ne voyait où, ma chargée de mission et moi, on voulait en venir. Interroger la question croisée des mères de familles, des femmes isolées, issues des quartiers populaires, qui pour toutes ces raisons ne peuvent pas accéder à l’offre culturelle institutionnelle, pour des raisons de possession des codes et des raisons pratiques liées aux créneaux horaires, c’est important. Parce que souvent les institutions culturelles voudraient que la culture reste l’apanage de gens triés sur le volet, qui se plient à tout un tas de codes et contraintes. Comme ça a été un succès, les participantes ont concrètement pris la main pour perpétuer cet atelier qui leur donne un réseau – elles connaissent plus de monde après cet atelier –, une légitimité, un accès à une activité culturelle adaptée à leur mode de vie, et des perspectives de construction de leur projet artistique, à partir de leurs envies.

Avec le travail du dimanche qui pourrait devenir la norme et le travail en décalé qui l’est déjà pour les précaires, ce type d’initiatives donne un peu d’espoir. Il y en a d’autres dans cet entretien avec Sofia Manseri.