Une plongée dans feu-les primaires de gauche

Ils ne savaient pas du tout à quoi s’attendre. S’inquiétaient. Y aurait-il du monde ? Qui viendrait ? Pour la première réunion publique, les initiateurs de la primaire à gauche organisent un lancement à La Bellevilloise, une salle de concert parisienne du XXe arrondissement, début février. Ce soir-là, la salle est bondée. Chacun est invité à laisser 15 euros pour participer à la location. Les écologistes Cécile Duflot, Emmanuelle Cosse, les députés frondeurs PS Pascal Cherki, Laurent Baumel, Christian Paul, le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles, sont là. « Il y avait une bonne présence des chefs, a apprécié Guillaume Duval, qui dirige la rédaction d’Alternatives économiques. C’était important, même si c’était aussi un peu ambigu. » La plupart ont été installés au premier rang. On s’écoute et on se tutoie. Grande silhouette plantée sur l’estrade, Yannick Jadot présente la primaire comme la perspective d’un espoir et d’une aventure. Micro à la main, Thomas Piketty s’enthousiasme à son tour des 75 000 signatures qui ont rejoint l’appel, et surtout des gens qui écrivent qu’ils veulent organiser des débats dans toute la France.

Charlotte Rotman revient sur la fièvre des primaires à gauche : l’histoire d’une désolation, en attendant le 3ème épisode.

Nouvelle Donne annonce un candidat masqué pour sa primaire interne

Les adhérents avaient jusqu’au 18 mai 2016 à 12h pour présenter leur candidature. A cette échéance, 8 personnes ont envoyé les documents nécessaires, nous vous invitons à les découvrir : Gaël Drillon, Vincent Bresson, Candidat Masqué, Dominique Deharbe, Matthias Rambourg, Bernard Ruffin, Philippe Wolfrom, Pierre Larrouturou.

Si la candidature de Pierre Larrouturou était attendu, celle d’un Candidat Masqué est autrement plus intéressante : visiblement issue d’un comité local des Alpes-Maritimes, elle marque d’une nouvelle pierre blanche les essais balbutiants de faire de la politique autrement. Le collectif MaVoix avait ouvert une voie – on attend les résultats à Strasbourg pour en mesurer l’impact.

On relèvera aussi la position plus iconoclaste encore de Dominique Deharbe : je suis donc le candidat par défaut de ceux qui pensent qu’il faut zapper définitivement cette chimérique primaire de la Gauche. En tout cas les primaires sont aussi à l’oeuvre chez Nouvelle Donne.

La Vraie Primaire propose 2 candidats (pour l’instant)

Pour un électeur, la Vraie Primaire est :
– Un moyen de me faire entendre dans le débat présidentiel.
– L’occasion de soutenir des candidats et des idées en dehors des partis.
L’inscription est gratuite.

Pour un candidat, la Vraie Primaire est :
– Un ascenseur vers la présidentielle de 2017.
– Une tribune politique.
– L’inscription commence par une proposition de candidature. Il y a 500 euros de frais de dossier.

Donc deux candidats ont d’ores et déjà mis 500 euros sur la table de la Vraie Primaire : Mathieu Leporini et Édouard de Broglie. Ils ont désormais jusqu’au mois d’août pour décrocher leurs 1000 soutiens.

Les mairies, chemin d’un renouveau démocratique ?

Autant de villes dont la municipalité avait échappé aux logiques de parti. Ni la gauche ni la droite traditionnelles, ni même Podemos, n’avaient emporté la victoire des élections : des formations indépendantes, issues des milieux militants ou de la rue venaient de créer la surprise lors des élections municipales de mai 2015.
Aujourd’hui, CQFD publie à nouveau le dossier de 12 pages où nous donnions la parole aux luttes populaires encore bien vivaces dans les esprits et les quartiers de l’État espagnol.

Le Parti Socialiste a commencé par gagner un grand nombre de municipalités en 1977 avant de l’emporter enfin en 1981. Avec Marine Le Pen, le FN a largement orienté sa stratégie vers les élections locales et ses cadres de terrain. CQFD retrace ce mouvement en Espagne : au-delà de Podemos, le pari municipaliste. Un chemin pas assez visible en ce moment avec nos primaires diverses et variées pour 2017 malheureusement.

La technique au coeur du processus démocratique LaPrimaire.org

LaPrimaire.org a ouvert sa plateforme début avril : si l’outil technique est assez bluffant et mérite le détour pour son interface (très orienté IA – Intelligence Artificielle), les premiers candidats portés par les adhérents au mouvement sont plutôt techniques eux aussi : on y retrouve Benjamin Bayart, Stéphane Beckert ou Trisant Nitot. Cette technicité se retrouve jusque dans le système de vote :

Les candidats finalistes seront ceux ayant obtenus la meilleure médiane de mention et n’ayant pas été rejetés par plus de 50% des votants. Notre système de vote est fondé sur les travaux d’un chercheur français, Rida Lariki, et permet l’émergence des candidats les plus représentatifs et emportant l’adhésion la plus forte.

A découvrir en détail dans un entretien avec David Guez – co-créateur de LaPrimaire.org – dans La Revue Politique et Parlementaire ou dans les explication du jugement majoritaire.

Le Democratol ? LE remède contre la frustration électorale et l’impuissance politique

La frustration électorale est une maladie virale qui sévit dans notre pays. Après de nombreuses années de recherche et des tests cliniques rigoureux, l’équipe de LaPrimaire.org a mis au point le Democratol, un énergisant politique qui attaque et guérit les symptômes de la frustration électorale.

En distribuant du Democratol, vous contribuez à lutter contre la frustration électorale et l’impuissance politique… avec le sourire 🙂 En effet, le Democratol invite les citoyens à s’inscrire sur LaPrimaire.org en vue de choisir leurs candidats pour l’élection présidentielle de 2017.

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L’équipe LaPrimaire.org a lancé sa campagne décalée avec ce superbe médicament : le Democratol

La montagne institutionnelle et la souris primaire

En résumé, les uns veulent des primaires pour imposer le candidat du PS, les autres pour le contourner.

Le risque de voir les primaires déboucher sur un scénario déjà vécu peut-il être évité ? La démarche peut-elle empêcher la légitimation une fois de plus d’un parti et d’un candidat en contradiction avec les thèmes qu’on lui demandera de porter, puis d’un Président qui, de toute façon, est institutionnellement irresponsable. Certainement pas avec la présidentielle qui, justement, ne favorise pas la raison, mais les effets de personnalisation. Les signataires, de façon d’ailleurs allusive, en ont une conscience fugitive lorsqu’ils déclarent « Nous ne changerons pas de République d’ici 2017, et tout reste suspendu à l’élection présidentielle-reine ». Le problème est qu’ils ne cherchent pas à la changer en général.

S’il reconnait aux demandeurs de primaires une certaine fraicheur, André Belon plaide plutôt pour une constituante à travers l’association qu’il préside : Pour une Constituante.

Primaire : ma réponse à Caroline De Haas

Les primaires à gauche ne sont qu’un acharnement thérapeutique proposé pour maintenir cette funeste prétendue gauche, pour la maintenir en fait en état de nuire encore et interdire le virage politique qui s’impose devant les défis de l’économie mondialisée et son cortège de tensions géopolitiques guerrières de désordres planétaires que se soit sur le plan social,climatique et au final humanitaire bien sûr. Car au delà et plus que la planète, c’est bien l’humanité qui est en danger.

M. Garand répond à Caroline De Haas dans son blog Changement de focale : je crains qu’elle mobilise et détourne l’énergie de la gauche qui n’en à pas à revendre.

Ici, nous organisons la Primaire de gauche

En France, sous la 5e République, reprendre la main passe par l’élection présidentielle. C’est un moment fondamental de la vie politique, pendant lequel les idées émergent, bougent, les rapports de force évoluent. Nous risquons d’assister à une présidentielle qui se résumera à parler “coût du travail” ou “problèmes d’immigration” et préparera de fait la voie à l’extrême-droite. Nous ne nous y résignons pas.

Nous faisons le pari que la primaire de gauche va permettre de faire émerger une alternative politique, de tracer un autre chemin, de retrouver l’envie de s’engager et nous permettre de voter pour des idées qui nous ressemblent.

Visiblement le concept de Primaire continue de faire florès : la Primaire de gauche en est une nouvelle incarnation.

Le troisième âge du suffrage universel

Le troisième âge du suffrage est celui qui voit, après les électeurs apprentis, les citoyens arbitres des luttes politiques devenir leurs otages : ils refusent le jeu et lorsqu’ils reprennent éventuellement le chemin des bureaux de vote, c’est pour empêcher plutôt que pour faire prévaloir une conviction. Les processus de sélection du personnel politique sont si peu déterminés par les citoyens qu’on peut s’étonner qu’après des décennies, ces mêmes citoyens paraissent découvrir qu’on leur impose les candidats. Le resserrement des écarts distinctifs s’accusant, l’impression s’installe qu’il n’y a même plus d’offre politique concurrente, que la compétition est un simple faux-semblant, que les candidats sont tous les mêmes et de toute façon pareillement incapables de tenir les mêmes promesses. Faute de pouvoir facilement — autrement que par des incantations — restaurer les différences entre programmes politiques, il a donc fallu réintroduire les citoyens dans la sélection préalable du personnel politique. Très modestement mais très spectaculairement.

A l’heure des Primaires en cascade, le regard d’Alain Garrigou sur l’état des pratiques du vote en France.