Premiers pas limités pour la publication du code source de l’Etat

Mardi, lors de l’examen du projet de loi numérique d’Axelle Lemaire, le Sénat est revenu en partie sur la possibilité qui doit être offerte aux citoyens d’accéder aux codes sources des logiciels développés par l’administration, au même titre que n’importe quel document administratif d’intérêt public. Le principe voulu par les députés a été confirmé dans l’article 1er bis, mais le texte adopté laisse une grande marge d’incertitude sur son application réelle.

Après la publication du code source du logiciel qui calcule nos impôts et la découverte d’un bug à potentiellement plusieurs millions d’euros, le Sénat a décidé d’y aller plus doucement encore

Henri Cabanel, sénateur héraultais socialiste, souhaite passer la norme ISO 26 000

Le sénateur héraultais socialiste s’apprête à passer au scanner de l’Afnor certification, pour vérifier s’il est dans les clous de la RSE, Responsabilité sociétale des entreprises, via la norme Iso 26 000. Le contrat doit être signé ce mercredi au Sénat. Un élu testé pour ses bonnes ou mauvaises pratiques, comme une société lambda ? Presque. L’Afnor ne faisant pas de diagnostic sur des individus, c’est le cabinet parlementaire du Serviannais, qui possède un numéro Siret en tant que sénateur, qui va être sondé… Sa petite entreprise, en somme.

Une initiative intéressante de la part d’un élu : voir comment le cabinet interagit avec les parties prenantes, les élus locaux, les entreprises, les citoyens. On verra plus tard si d’autres embrayent le pas dans cette démarche de certification ISO.

Comment dialoguer avec nos parlementaires

Si vous souhaitez un échange plus long, plus cadré avec un élu, vous devez garder à l’esprit les éléments suivants :
– Ce ne sont pas vos amis ;
– Si vous avez quelque chose à demander, vous le demandez très franchement et sans fioritures ;
– Si vous souhaitez apporter un éclairage sur un sujet dont l’élu est en charge, apportez énoncé du problème, diagnostic mais surtout solution.

Malheureusement, certains élus sont aussi d’une discourtoisie flagrante. Certains jettent les courriers et emails sans les lire, ne répondent jamais aux sollicitations, quand bien même c’est eux qui les auraient demandées. De la même façon que l’on fait des baromètres d’activité parlementaire, on devrait réfléchir à une évaluation de la politesse de nos amis les élus.

Ce n’est pas souvent qu’on cite des députés « vertueux », sous l’angle Twitter ça donne : Isabelle Attard, Laure De La Raudière, Lionel Tardy, François De Rugy, Sergio Coronado et Nathalie Goulet. Le reste du billet du Projet Arcadie remet en perspective les modalités d’un dialogue avec un ou une parlementaire.

Au Sénat, on débat sur l’impact des emails

M. Bruno Sido. – Nos assistants parlementaires sont chargés d’ouvrir nos boîtes électroniques et font le tri. Nous utilisons tous Twitter et Facebook, ne nous étonnons pas ! En tant que rapporteur pour le Grenelle de l’environnement, j’ai été assailli de milliers de spams sur le purin d’ortie. Après les avoir classés comme indésirables, je n’en recevais plus.

M. Jean-Claude Lenoir, président. – C’est surtout le contenu des messages qui me scandalise : nous sommes traités de criminels !

M. Yannick Vaugrenard. – Nous vivons dans une société de communication, où le beau parleur du café du commerce a la même audience qu’un prix Nobel d’économie. Cette difficulté doit être gérée avec retenue et bon sens. Au Parlement européen, ces messages d’insultes étaient constants : nous aurions pu passer notre temps à ester en justice !

Gardons-nous d’une indignation à géométrie variable. Si l’insulte est publique, la loi prévoit des réparations. Ne donnons pas trop d’importance à telle ou telle personne : d’autres mériteraient davantage l’honneur d’être invités devant notre commission. Je soutiens Joël Labbé, qui a montré sa constance et a toujours recherché un compromis.

M. Jean-Claude Lenoir, président. – Je le redis, mon propos ne vise nullement notre collègue.

M. Alain Chatillon. – Lors de notre dernière commission, nous avions fait état des 1 300 courriels scandaleux reçus en moins de 24 heures, et nous avions précisé qu’un mail unique serait acceptable, non cette avalanche. Comment expliquer que le lendemain du vote, à 9 h 30, ceux qui avaient voté contre le texte aient reçu… un seul message, remarquablement bien écrit, avec des détails d’une grande précision sur la séance, mais comportant des termes insultants comme « vous nous avez craché à la gueule », ou « incendiaires » ? Est-ce possible sans qu’il y ait eu un relais ? Même si le président l’invitait, cette personne, qui a écrit ce texte remarquable en une nuit, ne viendra pas, et on ne la trouvera pas, je vous l’assure !

Nos sénateurs découvrent les « méandres » des échanges numériques et des avalanches de courriels dont ils peuvent être victimes. Pendant que d’autres font états de la puissance de leurs anti-spams. La révolution numérique est bel et bien en marche.